Préf. de Hyôgo: Akashi 明石, son marché aux poissons et son château
La ville portuaire d'Akashi 明石 ("les Cailloux Clairs") se situe dans le prolongement de Kobé, à un quart d'heure une demi-heure en train JR de la principale gare de Sannomiya. Ce que j'apprécie particulièrement sur le trajet est de longer, pendant quelques minutes, la mer si près que l'on a l'impression de rouler sur une étroite plage. Derrière les vitres, rien que son bleu dru et le ciel! En cours de chemin aussi, panorama sur le colossal pont suspendu: Akashi Ohashi.
La gare d'Akashi, encore une gare japonaise moderne ordinaire avec ses centres commerciaux clinquants, si ce n'est son château, à droite, qui lui donne son caractère.
Uontana
A quelques encablures vers la mer s'étend, sur quelques centaines de mètres, notre célèbre galerie commerçante: Uontana, qui abrite son célèbre marché aux poissons dont les origines remonteraient à environ 400 ans!
Au milieu de fumées troubles et d'odeurs de poisson grillé, se mêlent animation, convivialité, désuétude, couleurs, ternitude, gentillesse, pittoresque...
Le poulpe semble ici à l'honneur et la spécialité, que l'on emporte ou mange sur place sur l'une de ces petites terrasses de fortune ou gargote à néons, s'appelle Akashiyaki. Ce sont en réalité des Takoyaki comme on trouve partout dans le pays, ces boules de pâte aux oeufs fourrées au milieu d'un morceau de pieuvre (Tako), sauf que ceux-ci ne se mangent pas nappés de sauce et de mayonnaise, mais se trempent dans un bouillon de poisson (Dashi). De ce fait, Ils sont moins gras, et aussi plus mous, plus tendres.
Akashiyaki. Pas fan de pieuvre, j'ai demandé à ce qu'on m'en prépare "Tako-nuki", c'est à dire sans. Je redoutais qu'on me regarde comme une extraterrestre ou qu'on se moque de moi, mais non. La dame m'a fait un énergique sourire entendu.
Saki-ika, seiche fumée en lamelles que je rapporte toujours d'Akashi, à manger avec une bonne bière fraîche. Restaurant à Akashi-yaki, le plus célèbre, au bout de la galerie Uontana, de l'autre côté de la route
Le château et son parc
Le château d'Akashi aurait été construit, au début du 17e siècle afin de protéger Osaka de possibles invasions. On dirait qu'il n'existe plus que les remparts avec leurs deux tours, et que le bâtiment principal, le donjon, a disparu suite, comme souvent, à un incendie, un bombardement... Mais non, il n'y en aurait jamais eu, une caractéristique des châteaux de cette époque, parait-il!
Depuis là-haut, la vue s'étend jusqu'à la mer et le célèbre, majestueux pont suspendu Akashi Ohashi.
Dans le vaste parc qui l'entoure, des jardins, des fleurs, un étang entouré de cerisiers Sakura, une belle nature idéale pour pique-niquer, se reposer, jouer...
Au bord de l'étang aux sakuras, je m'assieds sur un banc, en solitaire, pour m'imprégner du paysage et des doux encore rayons du soleil sur mon visage. Un vieux monsieur me demande poliment s'il peut s'asseoir à côté de moi. J'acquiesce. Et nous nous retrouvons ainsi, dans le silence, en ce moment T du temps, deux vies, deux histoires si différentes, réunies au hasard du destin sur un même siège de bois. Ca avait quelque chose de touchant. Puis il me dit "dômo" en s'inclinant pour me remercier, et s'éloigne lentement. Je continue à "éparpiller mes pas", oui, car en japonais "se promener", Sanpo 散歩, revêt cette signification-là, et j'aperçois, sur un autre banc, à l'ombre d"un grand arbre, une petite et frêle très vieille dame. On dirait qu'elle n'a pas de jambes, car elle est assise dessus! Ayant grandi et vieilli sur des tatamis et des coussins Zabuton, c'est sa position la plus confortable, comme ça, à genoux sur le bois dur! Puis, des enfants qui courent, qui rient, des remontrances de mamans, et des garçons de 8 ou10 ans qui jouent aux durs en roulant exagérément les "r" à la manière de Yakuzas!
☆Akashi est appelée aussi la"ville de l'heure japonaise"(Toki no Matchi), car traversée par le 135e méridien de l'est, qui a été désigné, il y a 130 ans, comme référence afin d'établir l'heure officielle du pays.
☆Tako! C'est comme ça qu'on appelle les pieuvres ici. Un étudiant japonais avait pris ce mot comme moyen mnémotechnique pour se souvenir du mot français "d'accord". Puis, il existe une expression populaire ici: "Mimi ni Tako ga dékiru" (J'en attrape une pieuvre à l'oreille) que l'on utilise lorsqu'on a trop entendu une même histoire, une même phrase, et qu'on en a assez, que ça nous colle comme des tentacules. Bon, à l'origine, il s'agirait de callosités, qui se prononcent aussi "Tako", mais beaucoup semblent avoir adopté, comme moi, cette image éloquente de pieuvre!
☆Cartes touristiques de la ville disponibles au bureau d'information de la gare
Il règne à Akashi une atmosphère provinciale assez dépaysante qui contraste plutôt vivement avec Kobé tout près. Une balade sympathique à l'écart des grands axes touristiques, je dirai pour qui "a tout vu"dans le Kansai!
Kansaijin
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