Chroniques : Corona et cosmos

Publié le par Kansaijin

Corona

Le "Corona", comme la bière! C'est comme ça que "la covid" s'appelle ici. Il a attrapé ma fille qui l'a ramené malgré elle à la maison pour le transmettre à son père.

Ses symptômes ont été plutôt modérés avec une fièvre de 38 degrés et des maux de tête assez gênants bien calmés par des comprimés de Calonal prescrits par le médecin qui avait diagnostiqué son PCR positif. Le lendemain, un livreur lui apporta un petit oxymètre de location à fixer au bout d'un doigt en cas de besoin. Il sonna, puis elle le vit, par la fenêtre, masqué et ganté bien sûr, en l'espace de quelques secondes s'accroupir et déposer, telle une bombe, en le lâchant comme s'il lui brûlait les doigts, le petit paquet devant notre porte, avant de filer comme un lapin, fuyant au plus vite les abords de l'appartement contaminé. Puis, elle perdit son odorat et son goût. Boire un café équivalait à boire une tasse d'eau chaude. Plutôt ... très embêtant.

En cas de gravité, le patient est bien sûr hospitalisé, bien qu'au cours de la grande vague sans précédent qui assaillit le pays cet été, les hôpitaux furent en pénurie de respirateurs artificiels. Le tenant du magasin où ma fille travaille, qui avait, lui aussi, attrapé la maladie au mois de juillet, entraînant dans son cas d'importantes difficultés respiratoires, fut prié de bien vouloir fournir un effort "gamman" de deux ou trois jours en restant chez lui afin qu'une machine se libère. Des rumeurs circulent même sur le fait qu'à cette période, l'âge représentait un critère de sélection à l'accès aux soins intensifs privilégiant les plus jeunes, avec les conséquences que l'on peut imaginer...

Bref, heureusement, elle ne souffrit pas de ce type de symptôme, et disposa du choix entre se soigner à la maison, ou un séjour d'une huitaine de jours dans l'un des hôtels affrétés à cet effet. Elle choisit cette seconde proposition afin de s'isoler, au frais de notre assurance maladie, dans une chambre confortable, où trois repas par jour sont fournis, ainsi qu'un suivi médical. 6h50, un haut parleur demande à chacun de prendre sa température corporelle...  Une infirmière reste également à disposition des malades par téléphone. Le plus gros bémol fut les repas, des boîtes déjeuner "bento" à base d'une grosse quantité de riz accompagné de garniture grasse. Elle se félicita d'avoir emporté avec elle un stock de fruits frais.

Cas contact que furent mon mari et moi, test PCR où l'on vient nous gratter douloureusement les sinus avec un long coton tige manié par un type en tenue de "cosmonaute". Verdict: lui positif et moi négative. "Mais étant donné la situation, vous pouvez vous considérer comme positive" a pris soin d'ajouter froidement le monsieur, ou le robot...

Puis le mini bus revint devant notre porte ramasser mon mari, direction l'hôtel où se trouvait notre fille. C'est drôle, il n'a jusqu'à aujourd'hui développé aucun symptôme. Se serait-il agi pour lui d'un "faux positif"? 

Pour ma part, j'ai du rester consignée à la maison pendant 10 jours. Ma fille et mon mari me sont revenus à trois jours d'intervalle, la semaine passée. Ils avaient été relâchés dans la nature après avoir été aspergés de spray désinfectant.

Les sachets de poudre chinoise Kakkontô 葛根湯 que l'on prend d'habitude lorsqu'on a l'impression de couver une grippe et les comprimés de spiruline dès que nous avons appris le PCR positif de notre fille nous auraient-ils protégés?

Non, je ne suis pas encore vaccinée. J'ai eu peine à trouver un rendez-vous cet été. Je vais y aller samedi. J'appréhende.

Ironie du sort: voici la page de notre calendrier pour le mois de septembre:

Chroniques : Corona et cosmos

Je suppose que cette image vous fait penser à la même chose que moi... Je l'ai enlevé du mur jusqu'en octobre, car il m'énervait. Ma fille a éclaté de rire.

 

Cosmos

Et nous voici dans les douces journées d'été indien, ou traditionnel "été prolongé japonais". Il m'arrive encore solliciter mon climatiseur pour faire face au 30 degrés de ma salle à manger. Il fait un doux soleil à bronzer, comme un mois d'aout ordinaire en France, où le soir parfois, peut s'inviter la petite laine sur les épaules. Nos nuits sont bercées par le chant des cricris, comme, j'ai peut-être déjà dû l'écrire, mais c'est si prégnant pour moi à cette période de l'année, sur l'autoroute des vacances de mon enfance, d'Alsace vers le Midi, l'Espagne, lorsqu'on roulait de nuit, que mon père ou mon grand-père s'arrêtait pour dormir un peu sur les aires de repos, où parfois un restaurant Jacques Borel chevauchait les voies. Et je me souviens du goût beurré des croissants frais que l'on allait acheter à l'aube... Tout me revient à chaque fois: le cocon que préparait ma mère sur le siège arrière de la Renault 16 pour nous trois enfants, les serviettes qu'elle étalait sur les sièges en skai pour le pas qu'il nous brûle, la glacière remplie de sandwiches croustillants et de friandises...  Et très tôt le matin, nous atteignions la mer, comme illuminée de diamants dansant sur l'immensité bleu éthérique de commencement de jour.

Et cette année encore, comme la bonne gaigine marginale que je suis, enduite de crème solaire je bronze enfin sur ma terrasse. Les cigales criardes, peu à peu, se sont tues, jusqu'à laisser place à un murmure inlassable, plus silencieux que le pépiement des oiseaux. Une douce brise parfois se pose agréablement sur ma peau enveloppée de chaleur. J'ai acheté un pot de cosmos, fleurs de la saison. Je les aime pour leur douceur, leur rose si tendre traversé de lumière, leur légèreté, peut-être leur insouciance aussi...

Diana ディアナ

 

Chroniques : Corona et cosmosChroniques : Corona et cosmos

 

 

Publié dans Chroniques

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
J'espère que vous allez bien à présent. Le calendrier fait peur en effet :o
Répondre
K
Oui, ca va maintenant. Merci ;)
G
Mince alors ! J'espère que ta fille va retrouver rapidement ses sens.
L'automne avec ses belles journées ensoleillées, ses belles fleurs, ses belles couleurs ; de quoi en profiter après une liberté retrouvée.

Prenez bien soin de vous, bises d'Alsace.

Gaëlle
Répondre
K
Merci beaucoup pour tes commentaires et tes bises d'Alsace Gaëlle. Oui, ses sens reviennent peu à peu. Elle traine encore de la fatigue, mais ça aussi s'estompe au fil des jours. Alors en Alsace aussi, vous connaissez une belle arrière saison? Super, je suis contente pour vous, car je sais que votre été n'a pas été glorieux!. Passez vous-aussi un très bel automne. Bises du Japon